Le compost : mon Bokashi

La première chose très facile à mettre en place dans la cuisine quand on veut s’approcher du Zéro Déchet, c’est le compostage. Valoriser une partie de mes déchets est une idée que je trouvais séduisante, d’autant plus que j’ai un petit balcon. Ça permet de réduire drastiquement le volume de ses poubelles. Et en passant, on y met alors moins de déchets humides ce qui réduit énormément les odeurs (et plus de poubelle qui coule !). Vous pouvez aussi avoir des poules, mais ce n’est pas possible pour tout le monde ! Il existe plusieurs solutions pour faire du compost, dont celle que j’ai choisi, le Bokashi.

Compostage classique

Le compostage classique consiste à très simplement faire un tas dans le jardin. Cette méthode peut être adaptée si vous avez un espace dans le jardin pour mettre un bac que l’on peut acheter, ou bien fabriquer soi-même . La décomposition est assez lente, il faut 6 à 18 mois pour obtenir du compost utilisable, et le mélange chauffe parfois très fortement, au dessus de 50°C ! Certains quartiers ont des composteurs collectifs, notamment en ville, par exemple à Paris.

Des vers de terre

Pour le lombricompostage, des vers de terre font tout le boulot. Celui-ci est possible en appartement : on trouve maintenant des kits assez compacts qu’on peut acheter, voire récupérer dans certaines mairies ! Les vers de terre se reproduisent et il est possible d’en donner à d’autres personnes par la suite. Le principe est simple : les vers de terre mangent le tas de déchets et ça accélère le processus de compostage. Ça ne chauffe pas et ça sent moins mauvais. On obtient même très vite de l’engrais liquide !

Je n’ai pas testé ce procédé, mais on m’a dit qu’il ne générait pas d’odeur et qu’il était très pratique. Beaucoup de personnes sont cependant rebutées par les lombrics, j’ai lu aussi que des moucherons peuvent apparaître, notamment si on y mets des fruits.

Le Bokashi

Le seau à Bokashi
Le seau à Bokashi

Le Bokashi, ou compost par fermentation est le procédé que j’ai choisi il y a deux ans, lorsque je suis arrivée dans l’appartement. Méthode d’origine japonaise, il s’agit d’un seau étanche, dans lequel on dispose ses déchets et une sorte de son ensemencé de bactéries qui vont faire fermenter les déchets pour les « pré-digérer ». Pas de pertes en chaleur avec cette méthode, ni de volume et de nutriments. Au contraire, comme pour les bocaux, on crée de bonnes choses !

C’est très simple à utiliser : il suffit d’étaler les déchets de la journée dans un seau hermétique, bien tasser, et saupoudrer d’une pincée de « son de Bokashi », qui contient toutes les bonnes bactéries qui vont travailler. On referme le seau, et voilà. Aucune odeur, le seau est hermétique (les bactéries travaillent sans oxygène, donc ça ne pourrit pas). Ça donne également un jus comme pour le lombricompostage, mélangé à de l’eau pour un engrais liquide, ou pur dans l’évier pour nettoyer les canalisations ou aider la fosse sceptique.

Là où c’est fort, c’est qu’on peut y mettre plus de choses que dans un compost classique : les reste de viandes ou de poisson (qu’on évite d’habitude pour ne pas attirer les bestioles types rats), les yaourts, déjections des animaux de compagnie (ces dernières à éviter quand même dans un potager).

On recommence à entasser jusqu’à ce que le seau soit rempli, puis on le laisse fermé deux semaines pour que ça fermente tranquillement. L’idéal est d’avoir deux seaux : quand l’un fermente, on remplit le deuxième, et on tourne. Je ne regrette vraiment pas d’avoir deux seaux, c’est indispensable à mon sens.

Qu’est-ce qu’on en fait ?

Le contenu du seau peut alors être mélangé à de la terre (50-50), et encore deux semaines plus tard, on peut planter. C’est ultra rapide comme procédé, et c’est donc parfait pour un balcon ! (ma fantastique récolte 2017 de concombres lui dit merci).

Ça surprend un peu au moment où on mélange à de la terre : les déchets ne sont pas encore décomposés, on retrouve les peaux de bananes, coquilles d’œufs et peaux de poulet tout entiers. Mais pour avoir remué la terre quelques mois après, il n’y a plus rien !

Et si on n’a pas de balcon ? Il est possible d’ajouter le contenu du Bokashi à un compost traditionnel (des amis ont peut être un tas dans leur jardin), ou j’ai conversé sur internet avec une personne qui allait carrément l’enterrer dans un bois

Le son de Bokashi

Sac de son de Bokashi. Image jardins-animes.com.

Comme je le disais, il faut ajouter une pincée de « son de bokashi » tous les jours, quand on remplit le seau. Alors oui, il faut l’acheter. Et en plus il est dans un sachet plastique !!! Petit point noir de la méthode. J’imagine qu’on peut le fabriquer soi-même, car après tout c’est une méthode traditionnelle à l’origine. On peut d’ailleurs aussi utiliser des mélanges liquides à vaporiser.

Cependant, j’ai acheté les seaux il y a deux ans maintenant, et le sachet de son de 2kg qui était fourni avec, n’est rendu qu’à la moitié. Quand on l’a ouvert, on a tout transvasé dans plusieurs boites bien hermétiques pour qu’il ne s’abîme pas. J’avais lu dans les commentaires de l’article que les utilisateurs le vidaient en 6-12 mois, je trouve qu’on fait un joli score ! Alors le petit sachet plastique, s’il nous fait 3-4 ans, je le trouve acceptable finalement !

Fabriquer ses seaux ?

Quand je suis arrivée dans l’appartement, cette méthode de compost était nouvelle pour nous, alors on a décidé de ne pas s’embêter et de risquer de se décourager en se lançant dans la fabrication des seaux de Bokashi. On a pris la décision d’acheter un kit tout prêt sur internet. Il comprenant deux seaux avec robinets, des petites spatules en plastique (grr) pour tasser les déchets, des récipients pour récupérer le jus, et un sachet de son avec des cuillères doseuses (inutiles).

Si les seaux s’usent et nous lâchent, on se lancera dans la fabrication maison. L’important est d’avoir d’une part un seau hermétique, c’est indispensable que les bactéries soient à l’abri de l’oxygène pour travailler correctement. Et d’autre part, d’avoir le moyen de récupérer le jus généré par les déchets, au moyen d’un petit robinet par exemple. J’ai trouvé un tutoriel (il y en a plein) sur une chaîne que j’aime beaucoup, et je testerai à cette occasion.

Mais mes seaux vont bien et ont de beaux jours devant eux !

Après deux ans d’utilisation

Compostage de surface
Compostage de surface

Les seaux tournent en permanence : quand l’un est en fermentation, l’autre se remplit. Je laisse souvent plus longtemps que deux semaines, il reste parfois jusqu’à deux mois. Je n’ai pas toujours de place sur le balcon, ça dépend beaucoup de la saison (je vais pas arracher mes tomates pour vider mon compost de bokashi). Et tout se passe bien.

C’était quand même un peu juste d’avoir deux seaux pour deux personnes. On mange vraiment beaucoup de légumes, d’ailleurs on prend un panier « 4 personnes » à l’AMAP. D’un autre coté, j’essaie de pailler au maximum mes plantations, surtout en ce moment avec la chaleur, pour éviter l’évaporation de l’eau d’arrosage. Ça part très vite, selon la taille du pot. Je me suis donc lancée dans du compostage de surface : on paille tout simplement avec des épluchures. C’est pas très joli ! mais c’est un paillage efficace, ça enrichit la terre de mes pots, et finalement la décomposition est assez rapide. Aucune odeur, je vous rassure ! Et le seau se remplit moins vite !

Avez-vous mis en place des solutions de compostage chez vous ? Ou que vous manque-t-il pour vous lancer ?

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